L’Afrique du Sud, nation arc-en-ciel mais pas si rose. Quelque part entre le renouveau d’un peuple opprimé et le début d’une violente décadence. L’ombre de la mort plane, dominée par cette odeur de luxe bling-bling. La Coupe du monde 2010 de football, événement majeur et perturbateur pour l’Afrique, ne pourrait être aussi un alibi pour montrer le nouveau visage de l’Afrique du Sud…
La musique, porteuse de messages politiques. Un art qui a fini par anéantir les derniers résidus de l’apartheid. L’apartheid, une chimère de l’Homme blanc cherchant à asseoir son autorité sur l’Afrique du Sud, à coup de discrimination raciale entre blancs, noirs, métis et indiens. Un état de séparation. Progressivement, dés les années 1950 l’Afrique du Sud a été mise au ban de la société internationale. Exit liberté, libre culture, calme : bonjour l’oppression de la société noire. Où étaient les protecteurs des droits de l’homme ? C’était simplement un retour dans les 30’s aux Etats-Unis. La ségrégation raciale, la marche pour l’égalité. Juste un retour dans l’histoire, mais sur un continent différent.
Etat de la multi-culturalisation. Diversité ethnique propice à la mise en marche d’une culture artistique contemporaine. Encore loin d’une industrialisation poussée. La musique va et vient, loin des gros hits américains ou anglais. Un mélange de sons archaïques, un rythme dansant, du “nouveau rock”, des accents exotiques. Un mix de beats électro, de riffs de guitare trop rock & roll, un léger zest de jazz. L’oreille collée sur l’Europe et les Etats-Unis, l’inspiration prend son envol. A l’image du pays, la musique est un joyeux fouillis multicolore agité !
“La musique adoucit les mœurs”
Tout le monde n’a pas eu le courage de déclarer “I Have A Dream”. Certains l’ont fait à leur façon, comme Johnny Clegg, chanteur blanc sud-africain. Il a su, par son style, briser les codes de la musique africaine et par les paroles, dénoncer ce que de nombreuses personnes n’osaient même murmurer en Afrique du Sud. Certes, il ne fait pas partie de la nouvelle vague artistique.
Avec une certaine effronterie, de jeunes blancs ont nommé leur groupe en 2006 Desmond & The Tutus. Desmond Tutu est un sud africain qui reçut le prix Nobel de la Paix en 1984, s’étant fait remarqué en tant que militant de la lutte contre l’apartheid. Desmond & The Tutus osent affirmer “You will have fun or else you will die”. Oui, car selon leurs dires nous allons être piétinés sous forme de pulpe sanguinolente par les danseurs heureux. Loin de vouloir les contredire, leur musique pop rock un peu garage soulignée par des sons africains, un peu à la Vampire Weekend, ne ferait pas de mal à une mouche.
L’avenir en or de la musique sud africaine
Ne pas écouter ce qu’écoute le peuple non hype, c’est une chose, mais trouver la pépite à écouter dans ce tsunami musical en est une autre. Le choix est monstrueux… Pourtant ce petit Jax Panik, avec sa power pop électro, me donne des bonds dans l’estomac. Il n’est pas sérieux, sa musique n’est pas sérieuse, ça me plait ! Il a même décidé qu’il ne donnerait pas de concerts live. Que d’originalité !
Les Transmusicales, terreau pour les jeunes artistes-pousses, a depuis deux ans fait venir des artistes sud africains dont BLK JKS et Dj Mujava. Preuve que la musique des townships vaut le détour. Dj Mujava c’est un peu le Messie de l’électro sud-af ! Une nouvelle sensation funky-ghetto, frénétique. C’est à ne plus se contrôler sur le dancefloor. Au niveau du rock, ce n’est pas trop la révolution. On s’en tire avec quelques émos, un mélange de rock anglais-américain. Mais il y a un jackpot avec The Parlotones : la rencontre de quatre trentenaires qui pillent avec adresse l’aura immortel de Muse, the Cure, REM, Radiohead.
Selon des sources sures, les autochtones écouteraient de la pop Afrikaans (l’afrikaans est l’une des nombreuses langues officielles du pays, issue du néerlandais et du gospel). Reste plus qu’à infiltrer le réseau de communication histoire d’étaler en gros titres “l’heure est à l’insurrection musicale”. Bonjour l’invasion de fluo kids et autres hypeux à la noix en quête d’électro pop à se mettre sous la dent.
Ceci n’est pas un catalogue de musique, pour les réclamations sur le rap ou le jazz, troisième porte à droite.













6 Comments
super l’article, mais dommage de ne pas avoir citer Tumi and The Volume ! Ralalala tellement bon eux aussi !!!! Si l’auteur de cet article ne les connaissaient pas (ce que je peux comprendre ^^) je les lui conseille
arf et puis j’oublié Ben Sharpa, dans un autre style mais toujours aussi bon !!
Non je connaisais pas Tumi and The Volume : c’est ccol mais bon c’est comme Ben Sharpa, c’est du hip hop (bon j’ai un peu écouté), mais comme j’ai pas trop le hip-hop / rap ‘j’ai fait l’impasse. Désoléééé.
Superbe article! Merci Bandit girlz.
niiice l’article! il y’a un artiste sud africain que j’adore CULOE DE SONG il fait de « l’afro beat» ou « tribal house» (je sais pas trop comment définir mais en gros c’est de la bonne deep house!).
super l’aticle brabo!!